LE VOL AU VENT
Dans les chansons chacun frétille
Le premier mai jour du muguet
Mêm’ les mendiants ont l’œil qui brille
Chacun se dit : « J’ai le cœur gai ! »
Voilà pourquoi l’amour Madame,
M’a envahi si bêtement
Sur le trottoir j’ai vu mes larmes
Se remplir de vos yeux charmants
Mendiants mes frères de la ville
Depuis sur leurs bancs entassés
Secouent tout navrés leurs sébiles
En regardant mon cœur blessé
O charme étrange de la chance :
Vous goûtiez chez le boulanger
Un vol-au-vent doué d’excellence :
Vous étiez en train de manger !
J’ai osé vous suivre Madame
Et follement mon cœur battait
Vous flâniez là pleine de charme
La robe au vent sans vous hâter !
Le soir j’me suis fait ma p’tit’ place
Ravi, caché sous vos volets
Vous dans un lit moi sur la place
Au creux d’mon bout d’trottoir volé
Et pour apaiser ma tendresse
Le vent coquin rempli d’ardeur
A étouffé sous sa caresse
Tous les battements de mon cœur
C’est premier mai journée légère
J’suis mort de froid mais le cœur gai
Bercé par un rire éphémère
Par le glas tendre du muguet !
Paroles de Didier PRAT Musique de Incardona et Didier Prat